Bureau d'étude en ligne, E-designer en éco-paysage : la nature à portée de tous !

Permaculture design par l’exemple

Aborder le design d’un jardin en permaculture demande de bien connaitre les interactions entre les différents écosystèmes.

Il faut veiller à ce que chaque choix d’aménagement, chaque plante choisie s’insère dans un tout et profite à l’ensemble.

Dans l’exemple suivant, le bureau d’étude a travaillé sur un terrain nu de 4000m², une prairie. Le but était de créer un jardin auto-suffisant. Il doit apporter l’autonomie alimentaire végétale à ses habitants : haie fruitière, verger, food forest (forêt-jardin) et potager. Tout « déchet » est valorisé : compostage, paillage. Les eaux grises sont traitées en phyto-épuration. Les toilettes sèches sont compostés.
Une forêt fournira le bois de chauffage, un rucher le miel …
La serre est accolée à la mare, en plein sud afin de profiter de l’inertie thermique de l’eau. Le poulailler est accolé derrière la serre afin de favoriser l’équilibre thermique en toute saison. La pépinière des jeunes plants est juste à côté de la mare et de la serre.

Cette étude est illustrée dans la présentation suivante :

Le monde selon Monsanto

AIDE MEMOIRE

 

En cette période où l’on reparle du Round Up, je vous propose un petit rafraichissement de mémoire avec le visionnage de ce documentaire de Marie-Monique Robin : « Le monde selon Monsanto« . Ce film est excessivement bien documenté et très instructif ! A voir et à faire partager !

 

Quelle différence entre un aménagement paysager « classique » et un aménagement écologique ?

Mouvement de mode, opportunisme,…

Mouvement de mode, opportunisme, image de façade, « verdisation  » de commodité … L’écologie a le vent en poupe, peut sembler être utilisé par visée mercantile par les entreprises. Et alors ? Cela est tant mieux, toute petite action même symbolique est un pas en avant, il ne peut en ressortir que du bon !

Anthropocène

L’Homme vit sur terre depuis peu de temps et l’on parle déjà d’anthropocène comme nouvelle ère géologique. La transformation de l’équilibre de la planète n’est plus à prouver. Nous avons oublié notre place dans les écosystèmes, nous gaspillons, détruisons sans nous soucier de l’impact sur la chaine écologique dont nous faisons partie.

La version classique de l’aménagement paysagé

Dans un aménagement classique, le choix des plantes et des matériaux ne tient absolument pas compte de l’impact écologique de l’ensemble.

1- Matériaux

Nous faisons venir du bois de l’autre côté de la planète alors que nos forêts possèdent des essences d’arbre très résistante, ne nécessitant pas de traitement polluant pour défier le temps (météorologique et temporel) : mélèze, chêne, robinier, … Utiliser les matériau locaux ne fait pas « moderne », design …

Nous bétonnons, imperméabilisons les sols sans nous soucier de l’impact sur l’écoulement des eaux à l’échelle d’un territoire. Nous bouleversons des équilibres écologiques entre la faune et la flore provoquant la prolifération d’insectes nuisible, de plantes allergènes.

2- Ressources naturelles

Nous consommons beaucoup d’énergie à creuser, modifier le relief pour faire ce que nous avons en tête en oubliant de transformer en avantage la topographie existante.

Un éclairage n’a pas besoin d’être allumé toute la nuit, il consomme et dérange la faune nocturne. Réduisons la pollution nocturne dans les parcs et jardins.

L’arrosage …. un bon aménagement n’a pas besoin d’être arrosé ! L’herbe n’a pas besoin d’être verte l’été…

 

3- Plantes

Nous n’hésitons pas à faire venir des plantes lointaines, qui n’ont pas leur place dans la biodiversité locale et qui vont être un désert pour les insectes et oiseaux. Nous plantons des arbres déjà adulte, cela fait tout de suite bien, peu importe si cet arbre va végéter pendant des années pour se remettre de la transplantation, de toute façon on le remplacera s’il meurt … l’ère de la plante jetable !

 

 

4- Techniques culturales

Pour ne pas désherber, deux techniques rapide :

  • on pose un film plastique qui va bloquer toute pousse et finir en lambeau polluant lorsqu’il s’usera au bout de quelques années.
  • on utilise un désherbant en laissant ainsi une belle surface de terre nue qui s’appauvrit, se lessive et s’érode.

 

Changer vos regards !

Un aménagement écologique bien pensé peut ne va pas se voir du premier coup d’œil, il peut suivre les canons esthétiques moderne, contemporain ou bien être Feng Shui, zen, à l’anglaise… Tous les styles sont permis ! Toute la différence est dans les détails.

 

1- Matériaux

Des matériaux « nobles » vont être utilisés, le plus possible local : le bois, la pierre, l’osier… On part sur du durable et du recyclable. Le béton est réduit à sa stricte nécessité. Un beau muret en pierre peut être fait avec les pierres récupérées dans le terrain ou le champs du voisin : outre sa valeur esthétique, il sera un bel abris pour nombre de petits animaux, une source de chaleur pour les lézards … Un beau gabion est aussi intéressant.

2- Énergie fossile

Le transport des matériaux est réduit au minimum, l’utilisation des gros engins de chantiers est compté. Si un décaissement doit avoir lieu, on réutilise la terre sur le terrain pour en modeler la surface sans avoir à voir des norias de camion emporter la terre hors du lieu. On préserve aussi la fertilité en ne mélangeant pas la couches arables avec le sous-sol beaucoup moins fertile.

3- Plantes

Regardez autours de vous ; les forêts, taillis, bosquets, fossés, foisonnent de vie. Pourtant personne ne va les arroser, les entretenir régulièrement, les tailler … En utilisant des plantes locales :

  • on continu la chaine écologique,
  • on s’assure d’un pousse vigoureuse,
  • une plante adapté au climat et au terrain n’est pas malade,
  • le prix d’achat est économique.

Chaque plante choisie dans un aménagement écologique a un intérêt pour l’ensemble, en plus de son intérêt esthétique. Il s’intègre dans la biodiversité existante sans la bouleverser.

On trouve des plantes horticoles qui sont des améliorations de plantes sauvages et qui on gardé leur intérêt écologique. On peut donc les utiliser.

L’utilisation de plantes vivrières dans des aménagements est aussi à encourager. Des haies fruitières sont très esthétiques et sont en même temps utile. Le principe de la permaculture est intégrable dans beaucoup de projet.

L’idéal est de prendre des plantes petites, qui ont été élevé en pleine terre, sans engrais et qui reprendront ainsi très bien. En respectant les dates de plantations selon le cycle des saisons, en étant patient …. il faut réapprendre la patience !

4- Techniques culturales

Vive le paillage ! C’est la clef de la réussite. La nature a horreur du vide, vous ne verrez jamais une surface de terre nue à l’état naturel. Pour préserver la fertilité des sols et leur équilibre, il faut systématiquement pailler ! Pas de film plastique … mais des écorces, des paillis de toile de chanvre, du B.R.F. (Bois Raméal Fragmenté), des tontes, de la paille, du broyat de graminées, …. des minéraux sur de faibles surfaces. C’est une règle d’or ! Cela réduit arrosage, désherbage …

Changer vos regards, une herbe folle sous une haie n’est pas signe de laisser-aller, cela est signe de vie … Il faut accepter de ne pas tout dominer. Accompagner la nature, l’orienter mais en douceur, voilà le paysage de demain !

Changer vos regards, un gazon n’a pas besoin d’être vert l’été.  Pas d’arrosage des pelouses ni des plantations ! Un plan d’aménagement bien conçu utilise des plantes bien adaptées au sol et aux conditions climatiques, elles n’ont pas besoin d’être arrosé ! Et en cas de besoin, on récupère l’eau de pluie et on économise l’eau potable. Et lorsque l’herbe pousse, pourquoi tout tondre ?

 

 

 

Tout ces petits rien, bout à bout bouleverse la vision d’un aménagement, le rende plus équilibré et intégré. Voilà ce que peut vous apporter le regard d’un éco-paysagiste.

Sus aux limaces !!

limace

Un bon paillage sur les plantations, de l’humidité avec l’arrosage des semis, de quoi se cacher, s’abriter de la chaleur et des bon semis tout tendre qui nous attendent à la nuit tombée …. ah quel paradis pour nous les limaces qu’un potager en permaculture !!! Durant plusieurs semaines, nous allons devenir la hantise des jardiniers.

Tout n’est pas mauvais dans la paillage car il n’abrite pas que les limaces mais aussi ses prédateurs !! Différents insectes vont s’attaquer à ces gastéropodes.

Si l’attaque est importante, surtout lorsque les semis sont petits, il faut quand même agir.

En cherchant sur le web vous trouverez pleins d’idées plus ou moins efficaces, je les ai toutes testées :

Les MOINS :

- barrière de cendre; sciure : c’est bien mais il faut en remettre dès qu’il y a de l’humidité, c’est à dire souvent !!

- coquilles d’œufs brisés : ne marche pas.

- barrière en cuivre : je n’ai pas été convaincu, valable pour un pied isolé mais pas des bandes de semis.

- piège à limace : on met de la bière dedans et les limaces viennent s’y noyer. En effet, vous allez attirer les limaces, mais pas que celles qui sont chez vous … vous allez ratisser large hors des frontières de vos plantations et augmenter le passage des limaces sur vos semis …

- une tuile renversée : les limaces vont aller se mettre à l’abri sous cette tuile dans la journée et il n’y a plus qu’à les ramasser. Oui mais si vous avez un paillage, elles vont préférer si réfugier au lieu d’aller sous votre tuile.

- les poules : alors là c’est très efficace, les poules vont manger vos limaces en un clin d’oeil, mais pour cela vont gratter vos semis, fouiller sous le paillage et ce sera Hiroshima au potager !!!

les PLUS :

- ramassage manuel : muni d’une lampe de poche, vous allez vous promener dans vos plantations à la nuit tombante. Il n’y a qu’à ce pencher pour ramasser (et aller les donner à vos poules). En quelques soirée vous aurez largement réduit le nombre de limaces.

- granulé : si il y en a trop, il reste les granulés mais attention pas n’importe lesquels !!! Le seul utilisable est celui à base de Ferramol, du phosphate de fer. Les limaces en l’ingérant vont arrêter de manger et se mettre dans un abri pour mourir. Vous ne trouverez pas de limaces desséchées, foudroyées avec les traces de baves dans tout le potager comme avec un produit classique. Le gros avantage est que les limaces ayant ingérées du ferramol ne sont pas toxiques ! Elles peuvent être mangé pas des prédateurs sans les intoxiquer !!

Le préventif :

- prévenir étant mieux que guérir, je vous suggère de laisser vos poules ou canard se promener dans le potager durant l’hiver. Ils vont gratter, retourner tout cela. Cela va mettre à l’air libre les œufs de limaces et permettent aux merles et autres oiseaux de venir s’en régaler.

- laisser des tas de branchages pour attirer les hérissons qui en sont de grands consommateurs.

 

A vous de jouer !!